nouveaux poèmes, titre probable du recueil= l’étrange bestiaire
Le renard
Face à la maigre bête
Aussi rousse que moi
J’observe ce que je fus
Les longues dents vibrantes
Sous la mâchoires ouvertes
En un rictus maladif et méchant
Les yeux hargneux
A en couler du sang
La parure est sombre
Desséchée par des envies perfides
Le ventre est creusé en un abîme
D’avortements désespérés
Les pattes frêles supportent pourtant
Le poids du monde et des enfers
Et elle et moi rampons
Face à face, tremblantes
Dans ce miroir de lune
Si je me lève
Se lèvera-t-elle aussi ?
Point de cris mais juste des grognements
Apocalyptiques qui appellent
Les frénétiques ménades en folie
Qui roulent sur le sol
Emplies de dieu et de présages
Le présage de ma longue misère
Qui va cesser enfin.